_Ses yeux se noyaient dans les siens. Ils se teintaient de crainte et de curiosité à mesure que la nuit avançait. Cette nuit si noire. Elle désirait fuir mais elle ne pouvait pas. Elle ne voulait pas, au fond d'elle-même. Ses émotions lui faisaient peur, mais elle savait qui en était la cause. Elle. Devant elle. Oui, elle était la cause de ce tumulte interne qui envahissait ses entrailles de curiosité, qui lui donnait envie de la connaître. Mais pourtant, elle était si menaçante. Elle savait qu'elle était dangereuse. Elle savait ce qu'elle était. Mais n'était-ce pas justement ce point précis qui lui donnait envie de rester ? Se posant cette question en connaissant déjà la réponse, Mila plongea ses yeux clairs encore plus profondément dans les miens, si sombres.
_Je faisais de même. Je la fixais et rien n'aurait pu troubler cette fascination. La nuit était encore longue avant l'aube et je m'en réjouissais. Je pourrais l'observer à loisir jusqu'à ce que les premières lueurs apparaissent.
Non. Il fallait que je m'extirpe de cette contemplation, car je devais agir avant que le jour vienne. Un seul problème, relativement important malgré son apparence moindre, était que je ne savais pas comment agir pour qu'elle devienne adulte. J'aurais tellement voulu la garder enfant... mais je ne voulais pas être brûlée pour cela. Je maudis les vampires qui avaient interdit de créer des buveurs de sang en bas âge. Un enfant, c'est la beauté absolue. La grâce, l'insouciance et l'innocence. Quoique, un vampire perd ces deux caractéristiques à partir du moment où il naît, même enfant. Mais la grâce est l'évidence même, c'est l'essence d'un vampire.
Dépêche-toi, assez philosophé
Cette voix. Encore cette voix. La schizophrénie est observée uniquement chez ces fous d'humains, pourtant. Bah, je n'étais pas folle, ce n'est qu'une voix après tout. Cependant, je ne parvenais pas à me rassurer. Rien ne me troublait plus que cette loi étrange et grave résonnant - et raisonnant - au fond de ma tête.
Cela dit, il fallait que j'agisse. Il le fallait, coûte que coûte. C'était mon devoir. Mais comment ?
Concentre-toi, tu en es capable
Facile à dire pour une voix, elle pourrait m'aider. Mais après tout, il ne coûte rien d'essayer. Je plongeai mes yeux dans les siens, jusqu'à avoir l'impression d'avoir pénétré son âme. Ce n'était pas une impression. Je sentais son âme au creux de la mienne. J'étais maître de son esprit. J'aurais pu la briser, la tuer. Il aurait suffit de le désirer. Mais ce n'était pas cela que je voulais. Tout mon être se mit à lui crier en silence « Grandis, grandis, grandis » ce qui fut reflété par du silence, encore. Je la regardai. Elle semblait vraiment effrayée. Et d'un coup, son corps se révulsa et elle commença à grandir. Ce fut quelque chose d'étrange, imaginez-le tel que vous le voudrez. Je voyais son corps s'allonger comme en accéléré, se développer trop rapidement. Il serait trop long de rapporter tous les détails que je percevais de mes yeux, tout ce qui changeait en elle. Et soudain, ce fut fini.
_Elle était sublime. Elle avait fini sa croissance, désormais. Et dans ses yeux, je le voyais aussi. Elle n'était plus une enfant. J'avais réussi. Une brève euphorie m'envahit.
Mais j'avais autre chose à faire.
Désolée de ne rien avoir posté pendant si longtemps, faut me pardonner l'inspiration n'était pas vraiment au rendez-vous... Je suis pas complètement satisfaite de cette suite, en plus elle est vraiment trop courte. J'ai écrit la suite, j'attends vos avis pour la poster. Soyez sincères, si vous n'aimez pas dites-le. Je le prends pas mal sauf si vous vous la jouez Barbey d'Aurevilly (la critique de l'Assommoir de Zola pour ceux qui de demandent de quoi je parle)

